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Troupe Jeannette: Un patrimoine culturel vivant

Lalatiana Andréa RasamoelinabyLalatiana Andréa Rasamoelina
October 31, 2025
in Features
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Depuis près d’un siècle, la troupe Jeannette est restée une référence culturelle incontournable dans le paysage artistique malgache. Alors que cette troupe emblématique célèbre son précieux héritage depuis plus de cent ans, elle continue d’enchanter le public avec des spectacles où la tradition dialogue avec l’audace de l’innovation.

Fondée en 1929, à une période charnière de l’histoire de Madagascar, la troupe s’est rapidement imposée comme bien plus qu’un simple collectif de divertissement : elle est devenue un véritable réservoir vivant du patrimoine culturel malgache. Malgré les bouleversements politiques, les transformations sociales et l’évolution des tendances artistiques, la troupe a su rester fidèle à sa détermination à promouvoir une expression authentique. Cet article explore l’histoire fascinante de la troupe Jeannette.

Nous nous pencherons sur le parcours des fondateurs talentueux dont la passion et le dévouement ont jeté les bases de ce qui allait devenir l’une des institutions culturelles les plus durables de Madagascar. Leur histoire est celle de la préservation culturelle et du pouvoir du spectacle d’unir les communautés à travers les générations.

Née artiste : l’ascension de Jeannette vers la notoriété

La « Troupe Jeannette » tire son nom de sa fondatrice, une femme destinée à la scène dès son plus jeune âge, Marie Jeannette.

Jeannette est née en 1903 avec un talent artistique inné. Elle a découvert sa passion pour la scène à l’âge de huit ans seulement, remportant régulièrement des concours de talents locaux, dont l’un s’appelait autrefois « fampitaha » dans sa ville natale d’Antsinananand-Rova, une commune rurale située à environ 20 kilomètres au sud-ouest d’Antananarivo (la capitale malgache), dans la région d’Analamanga, dans les Hautes Terres centrales de Madagascar.

À l’âge de onze ans, elle avait dominé presque tous les spectacles de talents de son quartier, animée par une profonde admiration pour les chanteurs talentueux de la chorale de son église. Bien qu’initialement reléguée à observer les répétitions de la chorale de loin, souvent chassée avec ses amis pour avoir fait trop de bruit, le talent brut de Jeannette ne pouvait rester caché bien longtemps.

Razafiniaina, la cheffe de chœur de son église ayant remarqué un talent unique et brut qui ne demandait qu’à être sculpté, décida de prendre Marie Jeannette sous son aile. À seulement quatorze ans, Jeannette fut choisie pour jouer dans Rota sy Naomy (Ruth et Naomi), une adaptation théâtrale de l’histoire biblique de Ruth, une veuve moabite, et de Naomi, sa belle-mère israélite. Son talent naturel de comédienne conquit immédiatement le public.

Razafiniaina remarqua plus tard qu’elle était « une véritable artiste née », et ne s’est jamais repentie d’avoir soutenu ce jeune talent qui démontrait un potentiel, aussi bien en tant que chanteuse que comme actrice.

La première représentation de Jeannette à l’église protestante d’Ambatovinaky, l’une des plus anciennes et emblématiques églises protestantes réformées de Madagascar, perchée sur une colline centrale d’Antananarivo, attira des salles combles et suscita l’intérêt des organisateurs de galas caritatifs, qui étaient impatients de pouvoir admirer ses talents hors du commun en personne.

Cependant, son parcours artistique rencontra un obstacle précoce en la personne de son oncle, qui refusa les offres pour qu’elle poursuive un travail théâtral. Il avait d’autres plans pour l’avenir de sa nièce. Toujours obéissante, elle suivit à contrecœur ses souhaits.

En 1919, le destin prit une autre tournure. Après le décès de son oncle, Jeannette fut confiée à sa grand-mère. Elle était libre des restrictions imposées par ce dernier et accepta sans la moindre hésitation les offres des organisateurs de théâtre qui l’ont contactée directement. Cette décision marqua le début d’une carrière remarquable : le chant et le théâtre.

De l’actrice à la fondatrice de troupe

La première apparition officielle de Jeannette au prestigieux Théâtre municipal d’Ambatovinaky, le cœur du théâtre malgache, eut lieu dans la pièce Sarobidy (Précieux). La représentation fut un succès incontestable, cimentant sa réputation d’étoile montante de la scène théâtrale malgache. Alors qu’elle continuait à se produire lors d’événements de collecte de fonds, la passion de Jeannette pour le théâtre la conduisit à rejoindre la Troupe Kintana Telonohorefy en 1922, dirigée par Justin Rajoro, un compositeur et musicien malgache renommé.

À l’époque, c’était la seule compagnie qui vivait exclusivement du théâtre. Les circonstances de la vie menèrent brièvement Jeannette à Toamasina, une importante ville portuaire sur la côte est de Madagascar dans la région d’Atsinanana, à environ 215 km au nord-est d’Antananarivo. Cependant, elle retourna dans la capitale après un cyclone dévastateur en 1927.

Déterminée à faire progresser le théâtre malgache, elle créa sa propre troupe avec un compositeur malgache nommé Naka Rabemanantsoa cette même année. Malgré la brièveté de cette première tentative, Jeannette était convaincue que son dévouement inébranlable à son art allait bientôt produire des résultats plus durables.

La trajectoire de la troupe changea radicalement en 1929 lorsque Jeannette rencontra le talentueux compositeur Andrianary-Ratianarivo. Leur collaboration artistique allait transformer leurs deux carrières et élever le théâtre malgache vers de nouveaux sommets.

Andrianary-Ratianarivo : le génie musical

Né le 2 avril 1895 à Ambatolampy, dans la région de Vakinankaratra, Andrianary-Ratianarivo voit le jour dans un contexte de profonds bouleversements. À peine un an avant sa naissance, Madagascar entamait sa période de colonisation française. Son père, Rainiketamavo-Ratianarivo, musicien virtuose de valiha — une cithare tubulaire en bambou emblématique de la culture malgache — avait autrefois séduit par son talent la reine Ranavalona III avant d’être nommé gouverneur d’Ambatolampy, une ville située à environ 70 kilomètres au sud d’Antananarivo.

L’enfance d’Andrianary se déroule sous l’administration du général Joseph Gallieni, dont la politique mit fin à la dynastie Merina et scella la transformation de l’île en colonie française. Malgré ce climat de transition politique, la vie culturelle malgache parvient à se réinventer et à s’exprimer. En 1897, Gallieni crée le journal bilingue Vaovao frantsay-malagasy, offrant aux écrivains locaux un nouvel espace d’expression. Deux ans plus tard, l’ouverture du Théâtre municipal d’Ambatovinaky, à Antananarivo, marque une étape importante dans la diffusion des arts de la scène à Madagascar.

Suivant la voie tracée par son père, Andrianary révéla très tôt un talent musical hors du commun. À seulement dix ans, il jouait des hymnes à l’harmonium dans l’église de sa famille. Après ses études à Antananarivo, il retourna à Ambatolampy, où il se lança dans le commerce tout en cultivant sa passion pour la musique.

Musicien autodidacte, il apprit le violon seul et, en l’espace de trois ans, s’imposa comme l’un des meilleurs violonistes de Madagascar. En 1915, il épousa Ratsaraibe, avec qui il eut une fille. Durant la Première Guerre mondiale, alors que l’île multipliait les initiatives en soutien aux soldats malgaches, Andrianary fit ses premiers pas de compositeur en écrivant des musiques pour des pièces de théâtre jouées à Ambatolampy. Ses créations rencontrèrent un succès immédiat et s’ancrèrent durablement dans la mémoire collective locale.

En 1919, il s’installa à Antananarivo, où il travailla un temps comme employé de bureau avant de se consacrer entièrement à la musique. Il rejoignit un orchestre et la Société Philharmonique, association dédiée à la promotion des concerts et de la musique classique. Son talent le mena rapidement à la direction d’orchestres et à des prestations dans les hôtels prestigieux de la capitale, notamment avec son propre ensemble, l’Orchestre Ratianarivo.

Tout au long de sa carrière, Andrianary-Ratianarivo enrichit le patrimoine musical malgache en composant de nombreux morceaux inspirés des rythmes traditionnels tels que le Bagasy et le Kalon’ny Fahiny. Malgré le contexte colonial, il demeura fidèle à ses racines, choisissant de composer exclusivement en langue malgache, comme un acte d’affirmation culturelle et identitaire.

La naissance d’une institution culturelle

La littérature et les arts ont toujours occupé une place essentielle dans l’histoire de Madagascar, servant de vecteurs d’expression et de résistance. Durant la période coloniale, alors que la langue et l’histoire malgaches étaient progressivement effacées du système éducatif, ces formes d’art devinrent des outils de transmission et de préservation identitaire. C’est dans ce contexte que se croisèrent, en 1921, les chemins de deux figures majeures de la culture malgache : Andrianary-Ratianarivo et Madame Jeannette.

À cette époque, la littérature malgache traversait une période difficile. De nombreux écrivains engagés, contraints à l’exil, laissaient un vide que le théâtre vint combler, devenant le principal espace d’expression du sentiment national. C’est au cœur de cette effervescence que la rencontre artistique entre Andrianary et Jeannette prit forme.

En 1921, Jeannette et plusieurs comédiens recherchaient une chanson pour enrichir la pièce Ny Zanako Vavy (Ma Fille) de Razakaboana. Andrianary composa alors Ny hatanorana eo anilan’ny harena (La jeunesse aux côtés de la richesse). La combinaison de ses paroles poétiques, de sa mélodie entraînante et de la voix envoûtante de Madame Jeannette conquit le public. La chanson devint rapidement un succès à Antananarivo et marqua le début d’une collaboration artistique et personnelle qui allait durablement influencer la scène culturelle malgache.

Impressionné par le talent d’Andrianary, Justin Rajoro, directeur de la troupe Kintana Telonohorefy, lui proposa de composer des chansons destinées aux représentations théâtrales de sa compagnie. Andrianary accepta l’invitation et collabora avec Rajoro ainsi qu’avec le compositeur malgache Naka Rabemanantsoa, signant plusieurs partitions musicales pour la troupe.

Le succès de ces collaborations attira rapidement l’attention du milieu artistique : de nombreux écrivains firent appel à lui pour mettre en musique leurs œuvres. Malgré cette reconnaissance, Andrianary ne vivait pas de ses compositions. Il tirait principalement ses revenus de son activité d’enseignant en musique et de musicien professionnel, un métier qu’il exerçait avec passion.

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En 1928, il réalisa l’une de ses contributions les plus remarquables en écrivant cinq partitions pour la pièce Ranomody, interprétée par la troupe Renaissance et signée par Rodlish, le pseudonyme d’Arthur Razakarivo, l’un des jeunes auteurs les plus prometteurs d’une époque où la littérature malgache tentait de se réinventer face aux contraintes coloniales.

La Troupe Jeannette prend son envol

Après le succès de Ranomody, Jeannette et plusieurs comédiens sollicitèrent Andrianary pour prendre la direction de leur troupe. Il accepta, devenant officiellement directeur en 1929. Leur première grande tournée à Ambatondrazaka, ville de la région d’Alaotra-Mangoro, proche du plus grand lac de Madagascar, marqua le véritable lancement de la Troupe Jeannette, avec Ranomody en pièce inaugurale.

Cette même année, Andrianary fit entrer la composition musicale théâtrale dans une nouvelle ère en la hissant au rang de profession reconnue. Poètes et dramaturges malgaches se mirent à solliciter son talent pour accompagner leurs créations. Parmi les nombreuses œuvres auxquelles il participa figure Sangy Mahery de Rodlish, pour laquelle il composa quinze chansons. Cette pièce connut un immense succès et fut distinguée lors du concours organisé par l’Assemblée nationale d’Antananarivo en 1960, année marquant l’indépendance de Madagascar.

Aux côtés de Jeannette, Andrianary forma un duo artistique marquant, alliant musique, théâtre et émotion. Ensemble, ils contribuèrent à populariser le théâtre malgache à travers l’île, faisant de leurs représentations de véritables moments de grâce. Leur art, empreint de romantisme et de sensibilité, touchait un large public : il apaisait les cœurs meurtris par les séparations et les blessures de l’après-guerre, tout en ravivant l’espoir à travers un théâtre musical profondément ancré dans l’âme malgache.

Héritage et dernières années

Au fil du temps, Jeannette s’imposa comme une figure incontournable de la scène artistique malgache. Admirée pour sa voix singulière, son sens du rythme et sa prestance scénique, elle incarna l’élégance et la passion du théâtre musical de son époque. Sous la direction du duo qu’elle formait avec Andrianary, la troupe connut un véritable âge d’or, jusqu’à la disparition du compositeur, le 9 mars 1949, une perte immense pour la culture malgache.

Malgré cette épreuve, Jeannette poursuivit l’œuvre qu’ils avaient bâtie ensemble. À la tête de la troupe, elle s’attacha à préserver son esprit et sa vitalité, tout en formant une nouvelle génération de comédiens. En 1964, après avoir transmis son savoir à de jeunes acteurs, elle prit sa retraite et confia ses rôles à Fleur Rasoanirina, sa digne successeure, assurant ainsi la continuité de l’héritage artistique de la Troupe Jeannette.

À travers les bouleversements politiques, les changements sociaux et les évolutions du goût artistique, la troupe demeura fidèle à sa mission : promouvoir une expression authentiquement malgache. Bien plus qu’un simple ensemble théâtral, elle devint au fil des décennies un véritable répertoire vivant du patrimoine culturel de Madagascar.

Jeannette s’éteignit en 1981, mais l’histoire de la Troupe Jeannette illustre avec force le rôle du spectacle vivant : unir les communautés à travers les générations et préserver l’identité culturelle, même au cœur des périodes de répression coloniale.

Alors que la Troupe Jeannette perpétue son héritage exceptionnel, elle continue de séduire le public à travers des spectacles qui honorent la tradition tout en embrassant l’innovation, un monument vivant des fondateurs talentueux, dont la passion et l’engagement ont durablement façonné le paysage culturel malgache pour les générations futures.

A version of this article is available in English here.

Lalatiana Andréa Rasamoelina

Lalatiana Andréa Rasamoelina

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